Réponse de la Ministre Fadila Laanan
– La demande de convention introduite par le théâtre de Poche de Charleroi a été examinée par le Conseil de l’art dramatique en sa séance du 17 décembre 2007.
Cette instance a estimé que le théâtre de Poche ne travaillait pas comme un théâtre professionnel et ne répondait pas aux objectifs de politique culturelle mis en place par la Communauté française. Elle considère que cette structure doit être aidée mais pas dans le cadre du secteur professionnel des arts de la scène. Son subventionnement dans cette catégorie ne serait pas cohérent par rapport aux actuels bénéficiaires du secteur.
À la suite de cet avis, j’ai notifié à mon administration ma décision de ne pas répondre favorablement à la demande de convention déposée par l’opérateur dans le cadre du décret du 10 avril 2003 relatif à la reconnaissance et au subventionnement du secteur professionnel des arts de la scène.
Cet avis et cette décision ne remettent pas en cause la rigueur et le professionnalisme de la structure dans la gestion de son projet, mais se fondent sur le projet artistique de l’opérateur qui fonctionne plus comme un cabaret théâtral que comme une structure de création professionnelle. Le conseil souligne encore le caractère non professionnel du fait de l’absence ou du moins de la faiblesse de la masse salariale artistique dans les comptes et bilans, et le caractère non novateur de la démarche artistique.
Les activités développées ne rencontrent pas les objectifs de politique culturelle dégagés à l’occasion de états-généraux de la culture. J’ignore quel pouvoir public a refusé un subside à cette institution, mais j’essaie de trouver une solution à sa situation problématique dans le cadre et le respect des législations en vigueur. En effet, je ne peux que me référer à l’avis du Conseil de l’art dramatique, conformément au décret défendu en son temps par mon prédécesseur Richard Miller.
Par ailleurs, il faut savoir que le théâtre de Poche a bénéficié à deux reprises de subsides émargeant du secteur du théâtre amateur. Il a reçu 2 000 euros en 2003 pour le spectacle «
Les Amours de Jacques le fataliste » et 3 000 euros en 2004 pour la création de «
La Contrebasse ».
La Communauté française reste donc cohérente dans son appréciation de ce dossier.
M. Philippe Fontaine (MR). – Ma question relayait un appel au secours et vous n’y répondez pas, madame la ministre.
Ce théâtre va disparaître si on ne l’aide pas et je le regrette, car ce genre d’institution est rare à Charleroi.